01 Jui 2018 2761
Fernanda Meneguetti Devorável
#experiences

120 heures à Rio de Janeiro : Cinq jours intenses qui vont passer en un instant dans la cité merveilleuse

« Cité purgatoire de la beauté et du chaos ». La fameuse strophe et, jusqu'à aujourd'hui, entonnée dans de nombreuses fêtes, est du début des années 1990. Elle appartient à « Rio 40 Graus », de Fernanda Abreu, un classique de la musique pop brésilienne et une vérité vraie sur la cité. Pendant des décennies, Rio de Janeiro a évoqué une cité de rêve, rythmée par les bikinis, le football et le carnaval, entre la mer et la confusion des collines, sous la protection du Christ Rédempteur, la sculpture qui a l'une des meilleures - voire la meilleure - vue panoramique de la planète.

Ces dernières années, cependant, ont donné à Rio une ambiance plus cosmopolite : le réaménagement de la zone portuaire, les nouveaux musées et les nouveaux restaurants sous le soleil festif de toujours. Voici quelques suggestions pour profiter au mieux du nouveau et de l'ancien, pour être heureux avec la beauté et même avec le chaos.


Vendredi

9h00 . Vous venez d'arriver ou de vous réveiller en plein Copacabana. Ouvrez les fenêtres de votre chambre, laissez la brise souffler et dirigez-vous vers La Finestra, le restaurant avec vue panoramique du PortoBay Rio Internacional. Pain de fromage, jus détox, tapioca et fruits frais donnent le ton tropical du matin.  


 


11h00 . Plutôt que d'emprunter à pied la promenade de la plage, pourquoi ne pas pédaler ? Le Bike Rio possède 2 600 bicyclettes distribuées dans 260 points stratégiques. Il existe des forfaits journaliers pour 5 BRL qui garantissent des voyages illimités jusqu'à 60 minutes, temps suffisant pour se promener de Copa, à Ipanema.
12h00 . Trouvez un coin qui vous convient et, entre deux plongeons, découvrez les gourmandises typiques des plages cariocas : les biscuits « de polvilho doce ou salgado Globo » (goût salé ou sucré de Globo) et le thé maté glacé au citron (les vendeurs passent avec des cafés au lait déjà sucrés et vendent les verres) composent la combinaison classique et sacrée, mais ça vaut la peine de goûter au fromage caillé grillé, au maïs vert, aux pots de baies d'açaí à la banane et au muesli, de prendre une caipirinha et de l'eau de coco.
14h00 . Peut-être bien que l'horaire du déjeuner n'a plus aucun sens, alors, arrêtez-vous au Vero (R. Visconde de Pirajá, 229, Ipanema, tél. : 21/3497-8754) pour un morceau de pizza et une glace artisanale. Litchi, gingembre et citron ; framboise, hibiscus et thym ; cacao de Bahia au poivre « arriba saia », pitaya, pomme d'amour, boisson « caju amigo », jamblon - le bolonais Andrea Panzacchi est infatigable dans sa recherche des saveurs. Détail : chacune des trente saveurs quotidiennes de la vitrine peut également farcir le panino, un pain biologique moelleux et tout chaud.

Photo: Tomás Rangel
15h00 . Marchez jusqu'au Leblon et continuez jusqu'au Morro Dois Irmãos. Prenez la Rua Gabriel Mufarrej, à proximité du canal du jardin d'Alah et de la plage, où il y a une plaque de l'unité de police pacificatrice de Vidigal. Il suffit de la suivre. De là-haut, vous pouvez voir certains des paysages emblématiques de la ville : le lagon Rodrigo de Freitas, le jardin botanique, le Corcovado et, bien sûr,  les plages de Leblon et d'Ipanema.

Photo: Riotur
18h30 . Prenez un vélo, pour retourner au PortoBay Rio Internacional, à Copacabana. Cependant, avant d'y arriver pour un repos bien mérité, arrêtez-vous au iVenga !! Chiringuito (Av. Atlântica, 3880, Copacabana, tél. : 21/3264-9806). Selon votre état d'esprit, vous pouvez vous y arrêter pour vous ravitailler, ou alors peut-être pour y rester toute la nuit. Cette agréable maison, avec une vue sur la mer, possède un partenariat avec les pêcheurs de la colonie de pêche du poste 6. En d'autres termes, les produits pour les tapas, à base de riz et de fideuás sont de la région et très frais. Et se marient super bien à un (ou plusieurs, ou différents) gin tonique. Celui au thym, à la citronnelle, au basilic et au citron est si frais et accompagne si bien les amuse-bouches que c'est un véritable danger !!

Photo: Rodrigo Azevedo

Samedi

10h30 . Les plages se remplissent, alors pourquoi ne pas partir en sens contraire ? La zone portuaire de Rio, qui jusqu'à il y a peu de temps se trouvait détériorée, triste et sale, s'est transformée en Porto Maravilha (port merveille). Ici, le circuit historique et archéologique de la célébration de l'héritage africain rappelle le Portugal, avec ses ruelles et ses constructions coloniales. Y sont à noter le jardin suspendu de Valongo, sur la pente de la colline da Conceição, à partir duquel peuvent être vus le quai de Valongo et celui de l'Imperatriz, la Pedra do Sal, où, selon la légende, est née la samba, le cimetière des Pretos Novos, Rua Pedro Ernesto 32, découvert en 1996 et aujourd'hui converti en mémorial aux captifs qui n'ont pas résisté aux mauvais traitements infligés au cours du voyage entre l'Afrique et ici.
13h00 . La promenade est un enchantement, mais elle est dense, n'est-ce pas ? C'est l'heure de changer d'idée. Allez vers l'A.S.A. Açaí (R. Sacadura Cabral, 79, Saúde, tél. : 21/ 2263-9094), un petit coin spécialisé dans les saveurs de l'Amazonie, avec des richesses telles que la noix de cajou, d'une coopérative composée uniquement de femmes, de la ville de Tailândia, dans le Pára, et le chocolat de la région du Baixo Xingu, sans oublier le tapioca, la farine de ¬manioc et l'huile de tucuma provenant d'Irituia. Il convient vraiment de goûter le réconfortant bol d'açaí pur ou, si la faim est plus intense, la poule dans le tucupi.
14h00 . De retour au circuit des musées, visitez le MAR (Musée d'art de Rio), installé dans un ancien palais de Dom João VI, il abrite des expositions de talents et couleurs brésiliennes, avec un étage entièrement réservé au territoire carioca. Puis, donnez toute votre attention au Musée do Amanhã . La structure conçue par Santiago Calatrava occupe 15 000 mètres carrés du Píer Mauá et est entouré de miroirs d'eau et de jardins signés par le cabinet Burle Marx, ainsi que d'une piste cyclable et d'un espace de loisir. Un espace pour inciter à la discussion sur des thèmes tels que l'utilisation d'énergies renouvelables, ainsi que sur les types d'architecture moderne et leur relation avec le paysage.

Photo: Alexandre Macieira/Riotur
19h00 . De retour à l'hôtel, prenez un verre au bord de la piscine, profitez de la vue et préparez-vous à un dîner inoubliable. La réservation doit déjà être faite au Lasai (Rua Conde de Irajá, 191, Botafogo, tél. : 21/3449-1854). Choisissez de préférence le comptoir, très concurrencé, face à la cuisine,  où vous pourrez apprécier le ballet silencieux et rythmé du chef Rafa Costa e Silva et de son équipe.

Installée dans une maison du début du XXe siècle, la cuisine est faite à partir d'ingrédients brésiliens, la plus grande partie provenant des deux potagers que le restaurant entretient - l'un à l'Itanhangá, dans la zone ouest, et l'autre dans la Serra fluminense. Outre une étoile au guide Michelin, le Lasai figure à la 76e place dans le  World´s 50 Best Restaurants et à la 16e parmi les meilleurs de l'Amérique latine. Et pourtant, ça reste un lieu sans prétention, à l'accueil plaisant et au menu dégustation surprenant - des snacks aux petits-fours du café, en passant par les végétaux qui sont tout aussi importants que le poisson fraîchement pêché ou la poitrine de porc découpée. Il est recommandé de suivre l'harmonisation proposée par le sommelier, qui privilégie les crus organiques, biodynamiques et naturels, et laisse également une place aux cocktails et à la bière artisanale.

Dimanche

11h00 . Le café du matin pris paresseusement face au littoral a éveillé en vous l'envie de descendre sur le sable, n'est-ce pas ? Cependant, il y a tellement de gens qu'un doute vous assaille ? Il existe pourtant la bonne sortie : profiter par dessus les nuages. Le Pain de sucre, le Christ Rédempteur, le Lagon Rodrigo de Freitas, le jockey club, la forêt de Tijuca, la Pierre ce Gávea,  et une plage plus belle que l'autre - la Barra da Tijuca, Joá, São Conrado, Leblon, Ipanema... Laisser la ville à vos pieds est toujours un bon investissement ! Rio2Fly est une agence sérieuse et aux forfaits promotionnels.
13h00 . Comme les vols sortent de l'aéroport de Jacarepaguá, une bonne option est de profiter du reste de la journée pour jouir des plages de la zone ouest de Rio, considérées les meilleures. Ça vaut la peine d'étaler sa serviette et d'ouvrir son parasol sur la Joatinga, le Pepê, la plage da Reserva, la Macumba, la Prainha, la plage de naturiste Abricó ou à Grumari, par exemple.

Une autre option est de revenir à la zone sud, plus spécifiquement à l'Azur (Av. Delfim Moreira, Posto 11, Leblon, tél. : 11/98295-0045), restaurant de plage, avec les pieds dans le sable, du chef Pedro de Artagão (de l'Irajá Gastrô, Formidable Bistrot, Petit et Cozinha Artagão). Avant de miser sur des plats à partager, tels que les moquecas et les crevettes Strogonoff avec champignons et safran, laissez-vous transporter par les amuses-bouche cariocas. Le plus connu est la mini-tourte, qui peut avoir une farce généreuse au cœur de palmier fondant, cavaca ou crevette au Catupiry.

Pour boire, il existe des boissons rafraîchissantes au Porto qui peuvent également être divisées. Dans ce cas, la bonne idée est le pichet blanc, au Porto dry white, raisin, pomme verte, carambole, romarin, fruit de la passion et soda limonade.
21h00 . Pour dire au revoir à la fin de semaine, la suggestion est le Nosso (R. Maria Quitéria, 91, Ipanema, tél. : 21/99619-0099), un bar à la façade discrète qui s'étend sur trois étages. L'une des étoiles de la carte des boissons est le rhum, qui apparait dans les mojitos, daiquiris et des créations vieillies en fût du barman primé Tai Barbin.

Curieusement et heureusement, c'est là que le nec plus ultra de l'art des cocktails dialogue avec la cuisine du jeune chef Bruno Katz, qui sert également un menu dégustation, pour quatre hôtes au maximum et sur réservation. La délicieuse promenade à six services débute généralement avec des huitres et des coquilles Saint-Jacques fraîches de la région.

Lundi

9h00 . Sortie de l'hôtel, de bonne humeur : le jardin botanique (Rua Jardim Botânico, portão nº 1008 ou Rua Pacheco Leão, portões nº 101 et nº 915), le premier du Brésil. L'idée est venue de D. João VI, dès l'arrivée de la famille royale portugaise au Brésil. Le prince régent croyait que les épices orientales, tellement à la mode à cette époque-là, pouvaient s'adapter à ce sol. En bien ou en mal, les 540 000 mètres carrés ne sont pas devenus une plantation lucrative, mais le berceau de plus de 3 400 espèces de plantes et, de ce fait, un important institut de recherche, un patrimoine national et une réserve de la biosphère de la forêt atlantique.

Ici, c'est une excellente idée de se perdre entre les symboliques palmiers impériaux, dont la hauteur correspond à un bâtiment de 15 étages, ou dans les serres d'orchidées. Quelle bonne idée de trouver les chutes d'eau, lacs, ponts, animaux des bois. Quelle bonne idée de passer des heures d'affilée dans l'immensité de cette nature.
14h00 . Également gigantesque est le Xian (R. Almirante Silvio de Noronha, 365, Rooftop, Centro, tél. : 21/2303-7080),avec plus de 3 000 mètres carrés. Ça va ressembler à une erreur, mais ce n'est pas le cas : il se situe à l'intérieur du centre commercial Bossa Nova Mall, attenant à l'aéroport Santos Dumont. Il s'agit d'un complexe qui réunit bar, lounge , living, restaurant et night club, entouré de mandalas, d'un lac peuplé de carpes, de vigne brésilienne, de gravures exclusives, de beaucoup de baie vitrées, bois et miroirs et stratégiquement positionné face à la baie de Guanabara, du Pain de Sucre, la décharge de Flamengo et du Christ Rédempteur.

Le salon principal, avec de très beaux panneaux féminins signés par la designer Silvia Girão, est des plus exceptionnels de la ville. Un lieu délicieux pour des plats d'inspiration asiatique, qui peuvent être emballés dans des sachets spéciaux. 

Photo: Tomás Rangel
16h30 . Incontournable : uniquement les lundis, à partir de 16h, débute la Samba du travailleur, au club Renascença (R. Barão de São Francisco, 54, Andaraí, tél. : 21/3253-2322). Sous le commandement du chanteur et compositeur Moacyr Luz, l'authentique ronde de samba est la meilleure manière de débuter la semaine avec l'âme purifiée.

Quand les jambes n'en peuvent plus de danser la samba, profitez d'une sortie au Momo (R. Gen. Espírito Santo Cardoso, 50, Tijuca, tél. : 21/2570-9389), autre orgueil de la région peu touristique. La paire gâteau de riz et milkshake au fruit de la passion est incontournable, mais il y a d'autres recettes qui exhalent leur saveur, comme le gilo farci de fromage, sauce à la viande rôtie et l'Aldir Blanc, une cassolette de gésier, purée soyeuse de patate douce, quinoa frit et assaisonnements asiatiques.

Mardi

9h30 . Les tramways jaunes, qui relient le centre de Rio à Santa Teresa, ne sont pas à peine une image de carte postale - ils fonctionnent en fait comme moyen de transport pour les habitants du quartier formé au XVIIe siècle. Mais, bien sûr, c'est une excellente idée de prendre l'un d'eux. De la gare du début, à côté de la station de métro Carioca, Rua Lélio Gama, il y a des départs toutes les 30 minutes.

Montez jusqu'au Largo dos Guimarães, et commencez donc à explorer les rues pavées, les boutiques d'artisanat,  l'église et le couvent de Santa Teresa (appartenant à l'Ordre des Carmélites déchaussée), les ateliers d'artistes plastiques, leMusée de la Chácara do Céu, avec ses tableaux de modernistes et le parc voisin  das Ruínas, avec les vestiges d'un palais et une belle vue, c'est une œuvre d'art à lui-seul, mais il possède une salle d'expositions également. 

Photo : Pedro Kirilos/Riotur
13h00 . L'heure à laquelle la faim commence à se fait sentir - commence, ok ? Sinon les pentes seront un immense obstacle ! – commencez la montée jusqu'au Aprazível (R. Aprazível, 62, Santa Teresa, tél. : 21/ 2508-9174), un terrain entouré de vert et une vue enchanteresse - les maison du coin, la baie de Guanabaram, le sambodrome, l'église de la Penha, l'horloge de la gare centrale jusqu'à la  Serra dos Órgãos.

En ce lieu, la cuisine mélange les héritages familiaux à la culture gastronomique de différentes régions brésiliennes. Entre les classiques du menu, pains de fromage (recette de grand-mère de la propriétaire, farcis de linguiça artisanale ou à l'échine et gelée piquante d'ananas) et le riz carioca, aux crevettes VG au safran, vin blanc, lait de coco et gingembre.
16h - Terminez l'excursion en descendant les iconiques escaliers de Selarón. Une fois à vos pieds, admirez les 250 marches couvertes des 2 000 azulejos collectés dans plus de 60 pays. Promenez-vous dans le centre historique de la ville, riche de beaux bâtiments, comme la cathédrale métropolitaine, le théâtre municipal, le palais impérial, le cabinet royal portugais de lecture, la bibliothèque nationale et le palais Tiradentes. Finalement, reposez-vous en prenant un café à la confiserie Colombo. 

Photo: Tomás Rangel
Photo: Pedro Kirilos/Riotur
20h00 . Depuis les années 1970, le français Claude Troisgros est l'un des chefs les plus appréciés du Brésil. Juste après avoir ouvert le Chez Claude, il a aidé à lancer le décontracté Le Blond (R. Ataufo de Paiva, 1321, Leblon, 21/3322-1440). Le Leblon a été le premier quartier de cuisinier et ouvrir en ce lieu lui a semblé être un hommage à son centenaire. À table votre attention est attirée par l'arrivée de casseroles, comme la Paul Bocuse, avec un œuf poché sur une brioche, purée de champignons, asperges, jambon cru et sauce béarnaise, celle de ravioli de citrouille à la sauge, amandes et fromage Grana Padano ou celle de moqueca de poisson à la française.
Pour terminer en douceur, le petit gâteau est fait de confiture de lait et est couvert de fromage blanc et fromage de la Serra da Canastra.
Comme il n'y a que 60 places et qu'il s'agit d'une nouveauté, il est conseillé d'arriver tôt. Ou d'avoir tout son temps. Si c'est le cas, distrayez-vous dans la queue en prenant un petit verre de vin et imaginez comment sera votre prochain séjour à Rio de Janeiro dont vous êtes déjá nostalgique.


Photo: Ana Cecilia Brignol
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