28 Avr 2016 1425
Paul Bernhardt {Photographer & Writer} www.paulbernhardtphoto.com
#evenements #experiences #nature

De la côte à la campagne

«Savez-vous pourquoi le miel d'Algarve est le meilleur du Portugal ? Parce que nos abeilles ont plus de cinq cents fleurs sauvages au choix. Regardez ! Comprenez ce que je vous dit.»

Victor, notre guide et chauffeur, a ralenti la jeep dès que nous avons tourné en direction de São Brás de Alportel.  À notre gauche, un tapis de fleurs extraordinairement rayonnant et coloré bordait la colline, l'illuminant de tâches jaunes, roses et bleues.

« Ignorer l’intérieur de la région, c'est rater une zone magnifique de l’Algarve ! » a ajouté Victor, après avoir repris la route, « et à cette période de l’année il y a des fleurs partout ! ».

Nous étions en route pour le Barrocal, une région qu’il a poétiquement décrite comme « la zone nichée entre les montagnes et la mer ».

Vítor fut nous chercher à l'hôtel PortoBay Falésia, un hôtel 4 étoiles situé dans les alentours de Albufeira avec vue sur la Plage de la Falaise, étendue de sable dorée avec drapeau bleu sur presque 6 km par des rochets de grés.

À l'hôtel avait lieu l’événement annuel Algarve Nature Week. Conçu pour faire connaître la remarquable diversité de la flore et de la faune de la région, son patrimoine culturel, ses traditions maritimes et sa délicieuse gastronomie, ce programme propose des safaris en jeep, des randonnées, des promenades en vélo, des balades en mer et des croisières fluviales .

J'ai choisi une promenade en jeep «Tradition & Saveurs». L'itinéraire nous mena par des chemins avec des paysages rurales jusqu'à la lointaine Serra do Caldeirão, une zone montagneuse remplie de chênes et chêne-liège semblable à celui de l'Alentejo.

Saveurs et traditions…

Nous avions déjà fait une pause pour le café dans un petit établissement accueillant appelé Trésors da Serra. Le café s'est spécialisé en gâteaux maisons, biscuits et confitures - riches, délicieux et diaboliquement tentant.

Nous étions ravis à notre arrivé à Novacortiça, une usine de liège située à peu de kilomètres au sud est de Alportel, la «capitale du liège» du Portugal.

L'usine, une entreprise familiale de succès, l'usine de disques de liège naturel, un composant essentiel aux bouchons pour bouteille de vin et de champagne.

Gilmar de Brito nous salua chaleureusement avant de nous conduite vers la salle d'exposition. Son introduction fut décontractée, mais très informative et il narra tout le processus de fabrication du liège, de l'écorce à la bouteille.

«L'écorce du liège prend 25 ans à être prêt pour la récolte, expliqua-t-il. «Après, il faut encore 9 ans jusqu'à la prochaine récolte. Travailler le liège est un investissement à long terme.»

La visite comprit une visite à la zone de production. Le Gilmar nous mena à travers une quantité immense de machines bruyantes, une ligne de production réverbérante, où l'écorce dépouillée et bouille, coupée et moulée. Le bruit est incessant.

Après que la bande de transport tombe, les disques passent par une vérification superficielle finale, faite par des yeux entrainés à détecter toutes imperfections. Regroupés sur une énorme plateforme, ils ressemblaient à des biscuits digestifs gigantesques, parfait pour plonger dans le tasse de thé bouillant.

Au milieu de la journée, le ciel obscurcis et il pleuvait constamment quand Vítor nous conduisait vers la ville de Salir.


Pendant un jour clair, nous serions récompensés avec une vue dramatique sur les collines et la distante côte. À la place, des nuages bas et une brume de vapeur privent vos yeux de toute chose qui pourrait être une vue époustouflante.

En ouvrant un peu la fenêtre, j'ai avalé l'air humide et j'ai savouré l'arôme et le musqué de la terre mouillée. Au lieu d'attrister mon esprit, l'état du temps provoqua en moi une curieuse sensation d'isolement et de communion avec la nature. Le paysage dilué s'était emparé d'une qualité éthérée, où la forme et la texture se dissolvent en un lavage monochromatique.

En soi-même, les ruines du château maure de Salir du XIIème siècle, n'ont rien à voir. Mais l'intégration intelligente d'un musée, construit sur le lieu de creusage d'une communauté islamique, éleva cette vallée rurale à une des attractions culturelles incontournables de la région.

La galerie possède un étage en verre et nous pouvons facilement identifier les bases d'une rue et plusieurs habitations. Un silo de stockage creusé dans la pierre calcaire était parfaitement visible. Je contemplais le scénario et s'essayait d'imaginer la vie en Algarve il y a 800 ans.

Alors, un épisode amusant brisa le sort. En profitant du fait que la porte était ouverte, un petit chat nous avez suivi par l'entrée, sans doute à la recherche d'un abri contre la pluie. Le chat trempée, couleur marbrée et les yeux vert-émeraude, se nicha aux pieds de notre guide, qui  interrompis effectivement sa phrase au bon milieu de la description d'une pièce rare et peu commune - une pierre tombale inscrite en arabe, avec la date de 1016.  Nous avons tous bien rigolé et nous avons joué à tour de rôle avec l'intruse poilue jusqu'à ce qu'elle se balada jusqu'à la fenêtre la queue relevée et en ronronnant, pour se réchauffer.

Avec cette leçon d'histoire conclue, Vítor accéléra son jeep vers notre dernier stop de la promenade «Saveurs & Traditions» - une visite à une ferme traditionnelle de l'Algarve.

La Quinta do Freixo nous donna une autre excuse pour goûter un repas maison.

Nous nous sommes rassemblé dans une petite maison, avec sol en pierre. Des anciens outils et des paniers en osier décoraient les murs, pour donner à la chambre un air pittoresque de passé.

Comme geste de salutation, une liqueur forte et veloutée de caroubes fut très bien venue.


Disposée sur le bar, il y avait une rangée de confitures - poire, figue, citrouille, groseille, fraise, orange, tomate... un régiment de fruit préservée dans des pots en attendant d'être goûtée.

Ce fut un délicieux moment, et j'ai goûté tout ce qui était sur la table. Les confitures à l'orange et figue furent mes préférées, mais je mangerai bien une tartine avec n'importe quelle confiture qui s'y trouvait.

Au retour à l'hôtel, Vítor a voulu faire un petit détour «Je voulais vous montrer une chose spéciale», a-t-il dit, en conduisant le jeep hors de la route en direction à un sentier. Il suivi jusqu'à la limite du pré et s'arrêta à la fin. «Là-bas», pointa-t-il, «Que voyez-vous ?»

Décrite contre la bruine se trouvait une silhouette imposante d'un olivier, avec ses racines épaisses et sous forme de tentacule recroquevillé sur la terre. «Cet arbre a environ 1200 ans» a dit Vítor, humblement.

Nous sommes tous resté un moment en train de regarder le passé avant que Vítor retourne vers la route. Derrière nous, l'arbre vénérable est resté en silence, son écorce tordue et ancienne brillait sous la pluie.

Partie II

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