07 Oct 2016 1811
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#culture

La manière brésilienne de faire de la musique

« Olha que coisa mais linda, mais cheia de graça... » Lorsque Tom Jobim et Vinicius de Moraes chantonnaient ces paroles à la belle Helô Pinheiro, ils ne pouvaient pas imaginer qu'elles feraient le tour du monde et auraient tant de succès. C'est ainsi... les brésiliens ont une manière spéciale de chanter des chansons et de la prose en déclarant leur amour éternel.

La musique brésilienne s'est construite en s'inspirant grandement du Portugal et d'Afrique et, au fil du temps, les échanges culturels avec d'autres pays ont amené les opéras italiens et français, des danses typiques, telles que les valses, les polkas allemandes, la zarzuela, le boléro, la habanera et le jazz américain.

Mais ces « braves gens brésiliens, ce bon peuple digne de ce nom » a un lien très fort et un profil qui apprécie les genres musicaux lorsqu'ils sont produits par des artistes locaux.

Nous souhaitons vous inviter à un voyage musical, avec des arrêts obligatoires sur tous les genres et rythmes musicaux et les grands noms de la bossa nova, du chorinho, du MPB, de la samba, du forró, de l'axé, du rock, du sertanejo, du rapper, des chansons pour enfants et spirituelles, des grandes régions brésiliennes du Sudeste, Sul, Centro-Oeste, Norte et Nordeste.

Notre voyage se fait au départ du Portugal, avec l'ambassadeur de la culture portugaise, Roberto Leal, avec son « bate o pé », qui est devenu un véritable engouement national ; il parle de notre peuple (portugais) avec grâce, style et joie. Nous débarquerons à Terra da Garoa e ne raterons pas le « Trem das Onze » (train de onze heures) avec les Demônios da Garoa, en direction de la Cidade Maravilhosa (la ville merveilleuse - Rio de Janeiro) en suivant les traces de Martinho da Vila « bem devagar, devagarinho » (doucement, tout doucement), accompagnés des meilleurs sambistes de tous les temps, tels que : Cartola, Noel Rosa, Nelson Cavaquinho, Paulinho da Viola, Mario Lago qui, avec « muitas saudades da Amélia » déclarent leur amour éternel avec Pixinguinha qui se disait très « Carinhoso » (affectueux) avec son chorinho. Sans omettre le jeune penseur - Gabriel - qui, avec son rapper, a allumé son calumet de la paix (« Cachimbo da Paz ») et a amené les jeunes brésiliens à réfléchir aux questions politiques et de société.

Évoquons également les beaux groupes de Minas Gerais, comme Paula Fernandes (« no celeiro da arte, no berço mineiro » - dans la grange de l'art, le berceau de Minas), et l'inoubliable Clara Nunes, qui chantait et enchantait avec sa « morena de Angola que leva o chocalho amarrado na canela » (la brune d'Angola portant son grelot attaché à la cheville), ou bien Alexandre Pires qui réaffirme que l'habitant de Minas « Tem o sabor de queijo com docinho, meu benzinho você vai gostar » (a le goût de fromage avec de la configure, mon amour, ça te plaira) et nous ne pouvions évidemment pas omettre une des voix les plus incroyables - Milton Nascimento - qui a toujours dit que « cantar é buscar o caminho que vai dar no sol » (chanter c'est chercher le chemin qui mène au soleil).

Et comme le soleil se lève pour tout le monde, notre prochain arrêt sera à Brasília, où nous écouterons Legião Urbana chanter l'histoire de deux jeunes « Eduardo e Mônica » qui sont tombés amoureux malgré leurs modes de vie différents.

En allant vers le sud, nous n'oublierons jamais qu'Elis Regina nous a confirmé que « ainda somos os mesmos e vivemos como nossos pais » (nous sommes toujours les mêmes et nous vivons comme nos parents). Elle nous a laissé en héritage la belle voix de sa fille Maria Rita qui, suivant les traces de sa mère, chante « Encontro e Despedidas » (Rencontres et Adieux).

Le train du départ est parti vers le nord, directement jusqu'au Bumbódromo de

Parintins où une rencontre programmée avec le Boi Garantido, de couleur rouge, et le  Boi Caprichoso, de couleur bleue, raconte son histoire ponctuée par les légendes, les rituels indigènes et les coutumes du peuple riverain. La présence de Fafá de Belém qui chante « a cor do meu batuque tem o toque, tem o som da minha voz » (la couleur de mon tambour a le toucher, le son de ma voix). Et quelle belle voix ! Elle suscite de vives émotions parmi les gens présents.

Mais le « caminho da roça segue dama! » (le chemin de la campagne se poursuit, m'dame !), directement vers le Nordeste « que é um povo marcado, mas um povo feliz » (un peuple marqué, mais heureux) ; Ivete Sangalo, Daniela Mercury, Maria Bethânia, Araketu, Caetano et Gil font la fête. Malgré le fait que le grand Luiz Gonzaga et son fils Gonzaguinha nous manquent, le fait d'écouter la belle chanson « Minha vida é andar por este país, pra ver se um dia descanso feliz » (Ma vie c'est de faire le tour du pays pour un jour me reposer heureux) remplit notre âme de bonheur. Zé Ramalho, Alceu Valença, Geraldo Azevedo et Elba Ramalho ont également fait de la « Grande rencontre » un moment inoubliable. Ensuite, un arrêt rapide pour un bon « Churrasco e bom chimarrão, fandango, trago e mulher. É disso que o velho gosta é isso que o velho quer » (Barbecue, thé « chimarrão », fandango, boissons et femmes. C'est ce que le vieux aime, c'est ce que le vieux veut) ; danser sur une musique de Sertão au son de Chitãozinho et Xororó ou un forró de Pé de Serra avec Fala Mansa en mangeant du maïs cuit, du pop-corn et du quentão... Êta ! Vive São João !

Et pour ceux qui ont raté le train, le prochain est celui de la joie (Alegria). Profitez-en, ça vaut le coup d'être enfant et de chanter « Eu quero ter a sua companhia, Vem viajar comigo no vagão » (Je veux être en ta compagnie, viens voyager avec moi dans le wagon). Sur le fauteuil arrière, Vinicius et Toquinho sont assis et suivent « aquela nuvem de tinta que caiu do papel » (ce nuage d'encre tombé du papier) ou visiter la maison très drôle et découvrir pourquoi « Não tinha teto, não tinha nada » (Elle n'avait pas de toit, elle n'avait rien). Voir « O quê que tem na sopa do neném » (Ce qu'il y a dans la soupe du bébé) avec Palavra Cantada et le groupe Arte Nascente « Cativar é amar. É também carregar. Um pouquinho da dor. Que alguém tem que levar » (Captiver c'est aimer, c'est aussi transporter un peu de la douleur que quelqu'un doit emporter) et toujours savoir que nous sommes responsables de ce que nous captivons.

Après avoir parcouru tout ce « mundão de meu Deus » (ce monde où nous vivons), il faut jouer de l'avant et rien de mieux pour dire adieu à ce pays merveilleux que de le faire avec Almir Sater en sachant que « Cada um de nós compõe a sua história. E cada ser em si carrega o dom de ser capaz. E ser feliz » (Chacun de nous compose son histoire et chaque être transporte en soi le don d'être capable et d'être heureux).

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